Vidéos

Frontières, murs et violence 5 : murs et environnement

Frontières, murs et violence 5 : murs et environnement

Ce troisième panel, sous la direction de Melissa Kelly, professeure de géographie et d'études environnementales à la Carleton University-Canada, s'intéresse de près à la question des murs dans l'environnement immédiat et afférent.

Miriam Ticktin, professeure associée en anthropologie à la New School for Social Research et codirectrice du Zolberg Institute on Migration and Mobility, parle de son expérience de terrain avec son groupe de recherche à la frontière américano-mexicaine, à Brownsville. Au cours de cette enquête de terrain, Mme Tickin a constaté avec étonnement la présence d'une « station d'inspection » pour les migrants, laquelle semblait viser d'autres buts que celui du contrôle des passeports des individus franchissant la frontière. Les exemples utilisés dans cette conférence peuvent aussi s'appliquer à d'autres zones comme la Cisjordanie, la « jungle » de Calais, ou encore les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla.
Radhika Subramaniam, directrice et conservatrice en chef du Sheila C. Johnson Design Center et professeure assistante en histoire et théorie de l'art et du design à la Parsons School of Design, se penche sur différents aspects de la zone frontalière. Après un voyage d'études dans la vallée du Rio Grande, Mme Subramaniam s'est intéressée à l'indifférence à l'égard des espèces animales et végétales dans l'établissement de la frontière entre les États-Unis et le Mexique et l'érection des parcelles murées le long de la digue. Elle rappelle que lors de la construction du mur, il avait été envisagé d'ouvrir des portes dans celui-ci pour les animaux, notamment les ocelots, afin de protéger les espèces. Certains aspects visuels liés à la frontière comme des piliers du mur laissant la possibilité aux agents frontaliers de voir de l'autre côté et le projet de Ana Teresa Fernández de peindre les piliers du mur frontalier à Tijuana (Mexique) donnent cette impression partielle d'une transparence du mur. À la fin de sa présentation, Mme Subramaniam préconise une frontière plus respectueuse de l'environnement et conçue dans un esprit d'ouverture au monde.
Rafi Youatt, professeur adjoint de politique à la New School for Social Research de New York, s'intéresse ici aux questions d'agentivité et aux relations entre humain et non-humain, notamment dans les espaces frontaliers. Il propose de penser la frontière aux États-Unis de manière inclusive, c'est-à-dire d'y intégrer les différentes espèces présentes aux abords. Les relations internationales ne favorisent pas une compréhension des politiques frontalières incluant toutes les espèces. Une conception des frontières tenant compte de toutes les espèces va au-delà des considérations étatiques.
Scott Nicol, professeur au Département des beaux-arts (South Texas College – McAllen), fondateur du groupe militant No Border Walls et coprésident de l'équipe Borderlands de l'ONG Sierra Club, examine les importantes conséquences humaines et environnementales de l'érection des murs, notamment à la frontière américano-mexicaine. Il décrit les effets de la négligence des questions environnementales en prenant l'exemple de l'étude des eaux longeant les murs dans la vallée du Rio Grande : érosion, blocage des détritus, problèmes de drainage, risques d'inondation accrus. Si les murs ont encore manifestement une efficacité politique, il est néanmoins nécessaire, selon lui, de dénoncer leurs conséquences néfastes sur l'environnement et sur les humains.

Conférencier

Melissa Kelly, 2016-06-02

Cinéramas contenant ce vidéo

Frontières, murs et violence.